M'est aussi tombé dessus quelque chose que je ne pourrais nommer, mais qui s'est manifestée par une baisse d'intérêt pour mes activités habituelles et une grande lassitude menant à un laisser-aller dont l'organisation de toute la maison s'est ressentie. Ça n'était pas le temps pour une introspection poussée.
Quelques mois ont passé pour que j'en vienne à me questionner maintenant sur la suite des choses dans ma vie. Originellement mon plan de match n'était pas de laisser mon emploi pour demeurer à la maison avec les enfants, mais les horaires que j'avais étaient difficilement compatibles avec ceux de monsieur mon chum et de la garderie. Avec les enfants qui ont commencé l'école la situation n'est pas nécessairement plus facile, entre les journées pédagogiques, les 2 semaines à Noël, la relâche et l'été un retour à mon ancien emploi n'est pas une option.
Je me retrouve donc ce matin, en train de repasser des chemises, avec une angoisse en moi. Depuis 8 ans mon occupation principale a été de prendre soin de mes bébés. Et quand bébé était devenu plus grand j'en avais un autre à m'occuper. J'ai bien eu quelques mois entre le moment où coco #3 est entré à la garderie et la naissance de sa petite sœur, mais étant déjà très enceinte je n'ai pas eu tellement de répit. M'occuper d'un bébé ça je sais faire, je commence à avoir un tout petit peu d'expérience pour ça, mais comme un 5ème est totalement exclu (pourtant c'est tellement chou un bébé...) je dois maintenant me trouver une occupation. Parce que faire les lavages, l'épicerie et entretenir la maison c'est bien beau, mais ça ne motive pas mes journées. Je sens maintenant que j'ai besoin d'un but, un projet ou quelque chose pour me tenir occupée durant mes journées. Quelque chose qui me donnerait envie de me lever le matin, quelque chose auquel je penserais avec enthousiasme lorsque je ne suis pas en train de le faire et qui me rendrait fière. Quelque chose à faire de ma vie...
Pour ça je suis jalouse de mon cher mari qui lui a su depuis toujours ce qu'il voulait faire quand il serait grand (je le soupçonne d'être né avec ses bottes et son casque de pompier, déjà prêt à aller éteindre des feux!). Pour ma part, j'ai dû changer d'idée de carrière au moins 100 fois quand j'étais jeune. J'ai voulu être vétérinaire, critique littéraire (ce dont ma sœur s'était bien moqué "hein, ce sont de vieux monsieurs avec une moustache et des lunettes qui font ça"), enseignante, astronaute, chanteuse et j'en passe. Jamais rien n'avait allumé un feu sacré en moi avant d'avoir des enfants. Je savais que je voulais des enfants, plusieurs enfants et j'ai adoré passer ces années avec eux.
Rien ne m'avait préparé au vide et à l'angoisse que me laisseraient les temps libres de quand j'en aurait fini avec le stade bébé et qu'ils iraient finalement à la garderie, à la recherche de quelque chose de constructif à faire avec tout ce temps libre seule, en fait à ma rencontre avec la nouvelle moi. Celle qui a été transformée par la venue de 4
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