C'est un fait, l'herbe est toujours plus verte chez le voisin, ou du moins cela nous semble-t-il... (Bon pris au pied de la lettre c'est effectivement vrai pour mon voisin et moi, son gazon est d'une verdure et d'une douceur exquise sous le pied alors que chez-nous nous avons l'impression de se faire exfolier les pieds quand nous nous promenons derrière la maison, mais ça c'est une autre histoire!!!!)
Eh bien j'en ai eu un bel exemple hier lors d'une visite chez ma sœur aînée. Ma sœur a vu le jour 6 ans avant moi et ayant toujours été très mature, elle a fondé sa famille relativement jeune, mettant au monde mon premier neveu alors que j'avais 15 ans. Aujourd'hui ses enfants sont âgés de 15, 13 et 11 ans alors que les miens le sont de 4 et 2 ans ainsi que 3 mois.
Dans un esprit d'aventure et de recherche de nouveauté, ils ont quitté le Québec pour la Suisse il y a de cela presque 10 ans et comme là-bas le coût de la vie est exorbitant autant que les billets d'avion pour venir ici en séjour le sont, nous ne les avons vu que très peu cette dernière décennie. L'automne dernier, le mal du pays se faisant ressentir, ils ont pris la décision de revenir, à ma plus grande joie et hier était la première fois que je les voyais depuis leur retour la semaine dernière.
Ces dernières années nos contacts ont été d'ordre plutôt téléphonique et tout récemment nous avions commencé les vidéoconférences. Décalage horaire obligeant, nos heures de discussion étaient pratiquement toujours vers l'heure du coucher, heure de Suisse et j'entendais souvent ma sœur donner de petites consignes à ses enfants du type "bon va brosser tes dents" ou "va prendre ta douche svp" "éteins ta lumière, bonne nuit" ou alors si je lui demandais comment ils allaient, ce qu'ils faisaient, eh bien ils relaxaient et les enfants lisaient tranquilles dans leur chambre. J'avoue qu'il m'est arrivé de l'envier un peu en me disant à quel point elle était chanceuse que ses enfants soient devenus si peu de "travail". Que sa vie devait être facile!! Jamais nous n'entendions crier à l'autre bout de la ligne, jamais elle ne devait quitter pour aller essuyer des fesses. Ici mes téléphones je dois les faire soit lorsque les enfants sont couchés ou absents, car c'est une réalité prouvée que des enfants calmement assis en train de jouer sans bruit (ou si peu que ça nous semble silencieux par rapport au vacarme habituel) vont se mettre à vous réclamer, demander une collation (tout-de-suite là là sinon je me couche par terre et je crie!!), se chicaner ou inventer un jeu qui nécessite des cris lorsque vous êtes au téléphone. C'est comme ça, du moins ça l'est chez-moi et chez mon autre sœur qui reste à l'autre bout du pays et avec qui je ne peux pas parler le soir quand ses filles sont couchées à cause du décalage.
Or donc je faisais presque l'erreur d'avoir hâte que mes enfants grandissent pour avoir plus de répit. Oui c'est vrai, mes neveux sont infiniment moins bruyants que leurs cousins, ils déplacent beaucoup moins d'air (tellement que j'imagine que s'ils fermaient les yeux on devrait regarder s'ils respirent juste pour s'assurer qu'ils sont toujours en vie!) et donnent un coup de main dans la maison. Mais la vie avec des adolescents n'est pourtant de tout repos ni nécessairement plus facile comme j'ai pu le constater hier. Ma sœur devant trouver un nouveau domicile pour sa famille, ils devaient aller visiter des fermes hier après-midi et j'ai pu voir le côté râleur de mon neveu le plus âgé qui ne voulait pas participer à cette activité familiale parce que : c'est trop loin, ça va être plate, on va devoir marcher dans la boue il pleut dehors, je n'ai pas envie, je veux rester ici à dormir, etc. Bref toutes les raisons étaient bonnes pour éviter cette visite, et ma sœur de contrecarrer ses critiques : ben non c'est celle que tu aimais, c'est pas si loin que ça (ben oui cher neveu ici c'est le Québec, 40 minutes de route ça n'est pas considéré comme loin!), voyons on ne marchera pas dans la boue on va y aller en camionnette, hier tu est resté à la maison et tu t'es ennuyé. Et argument final, bon eh bien si tu restes tu travailles hein, il y a la poubelle à vider, le chien à marcher (hi hi hi il pleut!!) et une foule d'autres choses que tu dois faire si tu préfères rester ici, pas question de passer ton après-midi devant la télé ou l'ordinateur. S'ensuivit une joute de négociations sur la liste des tâches, le deuxième frère qui ne voulait pas y aller lui non plus, la petite sœur qui "ben moi je ne veux pas que mes frères n'y aillent pas!" à laquelle nous avons assisté riant dans notre barbe, non non riant ouvertement finalement!
À ce moment j'ai compris que l'âge de mes enfants peut parfois s'avérer une bonne chose, on va à l'épicerie, faire des commissions, chez des amis, peu importe où la réponse est invariablement la même : "Yé". Tu ne veux pas venir? Pfff, tu viens quand même c'est comme ça et si tu persistes à ne pas vouloir coopérer, je te prends dans mes bras et je t'assois dans ton siège d'auto! Malheureusement quand ils ont 15 ans, presque 16 et sont plus grands que nous cette dernière option ne fonctionne plus!!!! C'est à ce moment que le parent doit devenir un fin négociateur et pour ça je ne suis pas inquiète pour ma chère sœur qui a toujours su imposer sa volonté aux autres (eh oui c'est ça que ça donne être la plus vieille, on se pratique à commander nos petits frères/sœurs), mais je dois dire qu'a défaut d'être épuisants physiquement comme peuvent l'être les enfants en bas âge, les adolescents le sont psychologiquement...
À mon départ, j'ai remercié ma sœur pour cette scène familiale pour m'avoir fait comprendre que je dois apprécier mes enfants maintenant, avec leurs difficultés, parce que plus tard il y en aura toujours d'autres certes d'ordre différent, mais elles seront encore bien présentes.
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